Les objectifs du législateur
■ Préambule : Une politique
de management en évolution
Depuis la fin des années soixante-dix
se développe une nouvelle approche des modes de direction et des structures
adéquates pour une meilleure efficacité des entreprises. Parmi les facteurs de réussite, la motivation et
l’adhésion du personnel ne peuvent être obtenues que grâce au dialogue, à la
concertation, à la communication. Les entreprises qui appliquent une
politique de relations humaines ne sont plus seulement un lieu de production
mais deviennent les pilotes des nouvelles formes de management : équipes
autonomes, cercles de qualité, projets d’entreprises…
Les dirigeants, ayant
compris l’étroite corrélation entre la transparence de l’information et le
degré de motivation, incluent dans leurs préoccupations la dimension sociale
qui anticipe et désamorce les pôles de tension.
■ Une ratification legislative
Parallèlement, les pouvoirs publics
ratifient cette évolution en instituant le bilan social (loi du 12 juillet
1977), en développant, les institutions représentatives du personnel (loi
« Auroux » du 28 octobre 1982), en officialisant le droit des
salariés de participer à la prévention des difficultés de leur entreprise (loi
du 1er mars 1984), et en renforçant le droit à l’information du
Comité d’Entreprise dans les opérations de concentrations d’entreprises (loi du
15 mai 2001).
Le personnel devient ainsi un
véritable partenaire de l’entreprise, appelé à en appréhender les données
financières et économiques et à en suivre l’évolution. Le consensus nécessaire
à la pérennité de l’entreprise ne peut être obtenu que si l’information
circule, claire et commentée, permettant d’apprécier l’opportunité des
décisions adoptées et d’y adhérer.
■ L’apport de l’expert-comptable
du comite d’entreprise
Désignée par le législateur, dès
1946, comme celui qui peut aider le Comité d’Entreprise à comprendre la
signification des documents comptables et à apprécier la situation de
l’entreprise, l’Expert-Comptable a vu sa mission s’élargir considérablement au
cours de ces dernières années. La loi, mais aussi la jurisprudence, lui
confèrent un rôle de pédagogue en lui allouant des moyens nouveaux.
Généraliste de
l’entreprise, rodé aux différents systèmes d’information, dont la comptabilité
n’est qu’une des composantes, l’Expert-Comptable est, semble-t-il, le mieux
armé pour traduire en termes compréhensibles pour les non initiés les
informations fournies par la direction de l’entreprise. Il lui incombe de participer à
l’éducation économique, comptable et financière des représentants du personnel,
sans laquelle le dialogue souhaité ne peut avoir lieu.
Sa déontologie fait de lui le
professionnel privilégié pour une telle mission.
■ La recherche d’un equilibre
harmonieux
Aujourd’hui, les
rapports sociaux doivent concilier la nécessaire autorité du chef d’entreprise
à qui appartient la décision et le besoin d’adhésion et de participation de ses
collaborateurs.
Les lois de 1982, 1984
et 2001 tracent la voie.